Le silence du pâtre
Le désert au crépuscule illumine mon imagination
Quand le zéphyr souffle l’ardeur des sédiments
Il s’empare du silence et laisse planer l’inspiration
Qui me permets d’écrire et faire des compliments
Dans ce désert se glissent des chemins rocailleux,
Cicatrices écarlates, striés dès mon aube immune 1,
J’ai vécu des moments joyeux et parfois ennuyeux
Par des décharges brûlantes des vents du Simouns.2
D’un mois d’août je suis né au jardin des figuiers
Sous les feuilles ou à même le sable des alluvions,
Sur un tuf de roche poreuse ocre facile à travailler
Mais loin du fracas de notre ville, où nous vivions.
Les phonèmes qui surgissent des confins Hamada 3.
Là, où le silence des vals, vibra l’écho de la canicule,
Vacille et s’évapore au-dessus d’un mirage du Nevada.
Il nous montre de loin une mer bleue que l’on spécule
Dans une terre bénie par les saints gentilshommes,
Dont leur histoire empile la voile de nos paysans.
Dans ce relief éclaté leurs cimes entourés de dômes
Exposé en présents parfait pour un pacage suffisant.
La couleur du fourrage où sa saison y fait escale
Elle se fauche par les hommes de bonne volonté.
Dans l’éclaircie des orages, des pluies inévitables
Ont caricaturé la splendeur de notre curiosité
Et quelques parts, un monde d’un paradis en fête
Dans les sillons la moisson futurs se prolifère
Où le fellah a semé ses illusions et ses conquêtes.
Sous le ciel azuré de l’été il fauche son blé et fier
Sous le firmament constellé la nuit la lune est dorée
Les quatre vents me citent les équinoxes des aurores
Tourmentées, des étés rougeoient les jets bariolés.
Mais c’est la lueur de l’aube sereine qui me revigore
C’est elle qui transperce mes secrets et mon mythe.
Avant d’accéder à mes saisons consignées et interdites,
Celles supporté dans les croissants des barkhanes. 4
Là où je me suis bu de la source bénie de Timezighit 5.
____________________________________________________________
1 - immune : immunisée, vaccinée
2– Simouns : nm, vent chaud ريح الصمايمqui souffle du sud.
3 – Hamada : nf, plateau rocheux الحمادة dans les régions désertiques en pays arabe.
4 - Barkhane : nf Dune élevé كديةqui a la forme d’un croissant.
5 – Timezighit ou Timezighout. nf nom d’une source à ouled sidi Lazreg w de Relizane.
Préface Le silence de l’automne est le titre qui désigne cet ouvrage, par lequel je vous présente une interprétation d’une histoire intime et souvent rocambolesque et au tout imaginaire, d’une revendication naturelle qu’on ne peut réclamer, et qu’on la garde par-devers soi, de manière à taire sa nature et ses origines par dévotion à l’esprit de noblesse de l’âme et cela pour échapper de la pitié des êtres humains. Seule la charité de la conscience céleste conviendra à recevoir ce genre de revendication, un aphorisme algérien dit : -« qu’une complainte adressée à son prochain est un scandale الشكوى للعبد فضيحة'' ‘’ Je propose dans ce sillage, une scène rempli d’un désir instinctif, récidiviste par dévotion à l’amour de cette joie maternelle qu’on éprouve et que nous défendons. Je vous laisse donc le soin de la décrypter. L’idée de cette œuvre fut bâtie en premier lieu dans une imagination fantaisiste, dans un moment d’espoir d’une attente et d’un désir surtout où l’on se croit dans le vrai à avoir trouvé, cette chaleur humaine et maternelle. Ce sentiment de précarité qui se trouve grevé chez les orphelins et aux enfants parfois maltraités, ce besoin naturel que chacun de nous devra faire le plein durant son enfance, sinon est dans le cas contraire il sera privé durant toute sa vie de cette substance essentielle à la stabilité et la formation de l’homme qu’en est. Valmy était pour moi le lieu de cette imagination où j’ai cru découvrir une chaleur familiale mais tout cela n’était que chimérique. Je décris dans cet ouvrage le chevalier qui est en moi, qui vient de très loin et qui a consacré toute sa vie à rendre service à son Sir. Il revient pour cela harassé, après qu’il s’est fait démobiliser et blanchi sous le harnois cela dit dans le métier des Armées, mais sans avantage social de sa vie active et militante de surcroît à laquelle il n’a su profiter de son rang comme certains qui s’adonnent au trafic d’influence, une pratique qui normalement est Justiciable mais elle est devenue une règle des plus machinales et de la vie courante en Algérie. Cet ouvrage est le prolongement thématique des feuillets d’arrière-saison dans un libellé en prose poétique à l’apparence confessionnelle. L’auteur, est pris en proie entre l’ennui, et la solitude voire l’incompréhension humaine, il improvise « en jouant le rôle d’un chevalier qui vient de loin après avoir servi son Sir » en chantant son passé et son présent dans un style bédouin du chi’îr Melhoun* un espace fascinant où apparaît parfois, le temps d’une rêverie spirituelle, la promesse d’un lendemain plein d’espoir et de vigueur innovante. La motivation de l’écriture est un acte souvent prémonitoire, c’est un pressentiment instinctif de l’âme et tout ce qu’elle dégage, c’est un don de la prophétie voir de la divinité elle-même ; Mary Shelley dit à ce sujet que : - « Les poètes sont les miroirs gigantesques que la futurité projette sur le présent » Écrit dans l’une de ses plaidoiries de la poésie en 1821. Ils sont les hérauts (précurseurs) qui annoncent la naissance d’un monde Nouveau, les agents d’une Influence qui n’est pas subie, mais qui se porte en avant » fin de citation. (1) Ce sont souvent les poètes engagés qui font partie de gens visionnaires dont leur œuvre préfigure l’avenir. Cette catégorie a existé autrefois dans notre pays bien avant la colonisation on les appels en arabe El Gouala القوالةoù les chansonniers. Des hommes saintsالصلحين qui souvent prédissent l’avenir, tout ce que nous vivons et avions vécue par le passé. C’est une catégorie qui fait partie intégrante du soufisme‘’ التصوف’’ tel est le cas du diwan de sidi El Medjdoub, tout ce qu’il a dit ça été vécu. Aussi si vous avez vu le film ‘’les années de braise ‘’ de Lakhdar Hamina, celui qui frappait sur les tombes avec son bâton en disant levez-Vous en distribuant à chacune des tombes un papier faisant foi de convocation. Ce qui annonçait par ce geste l’imminence de la première guerre mondiale, et le papier représente la convocation. Par contre je n’ai rien vécu de cette passion dont je fais allusion et que je soupçonne d’un air espiègle et Intelligent. Non je n’ai rien vécu de cela. Je suis un apôtre de l’amitié, mais loin des douze compagnons de Jésus, (El hawariyine) non pas ça ! Plutôt un simple panégyriste de notre époque dont je véhicule une imagination et une théorique de l’amitié par des poèmes platoniciens. Je suis un Idéaliste plein de rêve et à n’importe quel leitmotiv tu me trouveras présent. Parfois je réitère des passages que j’ai déjà écrit mais aussitôt elles fécondent et prolifère une autre fois du nouveau dans mes écris, ils renaissent sous une autre profusion plus riche que la précédente. Mais je ne peux vous cacher qu’il y a des scènes vécues à quelques poèmes près. ____________________________________________________________ * Melhoun ‘chi’îr’ : nm, Poème en arabe dialectal Algérien, ou poésie populaire chanté et accompagné par la résonance de la flûte ou autre instrument musicaux préféré tel que l’accordéon ou le violent. L’auteur Adda Fodil Al Echchikh

